Au coeur du monde

Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 19:28

"Le scénario que j'ai reçu était éblouissant. C'était un texte d'une grande qualité littéraire, mais qui n'avait pas grand chose à voir avec un scénario. Il tenait plus du poème. Je ne savais pas à quoi m'attendre quand j'en ai entamé la lecture, mais j'ai été bouleversé par la manière dont le récit mélait une vision épique à l'intimité d'une saga familiale."

Bill POHLAD, Superviseur de la mise en scène.

 

"Nous avons abattu une somme de travail colossale. Terrence MALLICK écrivait des pages et des pages de poésie. Sans dialogues. Des descriptions magnifiques. Il voulait réaliser quelque chose de différent. Obtenir des images comme on en a jamais vu.

Richard TAYLOR, Spécialiste des effets spéciaux. Au sujet du premier projet, dans les années 70.

 

MALLICK voit dans le cinéma une aventure extrême et une épopée mythique. Il traque l'état de grâce. Le légendaire chef opérateur Nestor ALMENDROS, qui remporta un oscar pour les images des Moissons du ciel, racontait avec quelle obstination le cinéaste lui demandait de filmer entre chien et loup, "à l'heure magique", ces minutes furtives qui suivent immédiatemment le coucher du soleil : "Parce que la lumière y est vraiment surnaturelle, notait ALMENDROS, qui fut aussi l'oeil d'Eric ROHMER et de François TRUFFAUT. Personne ne pourrait dire d'où elle vient. Le soleil est invisible, mais le ciel peut être éclatant. Et le bleu de l'azur subit d'étranges transformations."

 

"Il serait difficile pour moi de réaliser un film sur l'Amérique aujourd'hui. Nous vivons des moments sombres et nous perdons, peu à peu, nos grands espaces. Dans la région où j'ai été elevé, chacun ressentait cette perte de manière intense. Mais le sentiment de cet espace, on peut le trouver dans le cinéma : les films peuvent provoquer d'infimes changements dans nos coeurs, des variations qui visent toutes à vivre mieux, à aimer plus."

Terrence MALLICK

 

 

Une grande hâte de découvrir, enfin, cette oeuvre tant attendue à Cannes, cette année...

 

 

 

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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 18:27

Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances.
Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet,
Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet ;
Je ne sortirais pas avec, par négligence,
Un affront pas très bien lavé, la conscience
Jaune encore de sommeil dans le coin de son œil,
Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.
Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,
Empanaché d’indépendance et de franchise ;
Ce n’est pas une taille avantageuse, c’est
Mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset,
Et tout couvert d’exploits qu’en rubans je m’attache,
Retroussant mon esprit ainsi qu’une moustache,
Je fais, en traversant les groupes et les ronds,
Sonner les vérités comme des éperons.

 

Cyrano... d'Edmond Rostand

 

 


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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /Déc /2009 15:08
Goya Volaverunt 01 39 30dec09

Ce matin, pris un bain et fait un gommage à la bergamotte, en lisant un article de Levi-Strauss, tiré du hors série du Nouvel Obs, chopé par hasard dans un Tabac Presse, avenue de La Libération. Pas trouvé l'édition de la Pléïade de ses oeuvres, l'autre soir, chez Mollat, épuisé avant Noël, m'a confirmé la libraire du rayon...

Goya Volaverunt 02 39 30dec09

Et puis, cet aprèm, en buvant un café, régardé un docu sur la 5, "Voyage aux confins de l'Univers", avec des images fabuleuses, de galaxies multicolores, de naines blanches et autres trous noirs fascinants et terribles. J'ai coupé le son et la voix off pour poser dessus ce vieux morceau de JM Jarre que j'écoutais en boucle avant de découvrir les mélodies élégiaques de Genesis...

Je ne sais pourquoi ce lien entre une vision de l'univers extérieur à notre perception directe, l'oeuvre du "penseur sauvage" et la création artistique à travers le peintre espagnol en exil à Bordeaux, mais c'est peut être un paragraphe de Didier ERIBON dans un article du Nouvel Obs qui me donnera la clé...

"Tout Levi-Strauss est là, dans ces quelques lignes vibrantes, qui nous exhortent à considérer qu'aucune culture n'est supérieure aux autres, et que la richesse de l'humanité  réside dans sa diversité, et donc dans la capacité à toujours savoir reconnaître une place à l'Autre".





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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /Mars /2009 22:54

LE JEUNE DES QUATRE-TEMPS

Le jeûne des Quatre-temps a été institué par le pape Calixte. Il consiste à jeûner quatre fois par an, suivant les quatre saisons. Ce jeûne se justifie par quatre arguments :
1° Le printemps étant une saison humide, nous jeûnons au printemps pour tempérer en nous les humeurs pernicieuses, c'est à dire la luxure. L'été étant une saison chaude et sèche, nous jeûnons pour châtier en nous la sècheresse et l'avarice. L'automne étant une saison également sèche, mais froide, nous jeûnons pour châtier la sècheresse froide de l'orgueil. Enfin l'hiver étant une saison froide et humide, nous jeûnons pour châtier le froid de l'infidélité et de la malice.

2° Le jeûne des Quatre-Temps a pour objet de nous rappeler le jeûne des juifs, qui jeûnaient quatre fois par an, avant la Pâque, avant la Pentecôte, avant la fête des Tabernacles et avant la dédication de décembre.

3° L'homme étant formé de quatre éléments, quand au corps, et de trois facultés, quant à l'âme, nous devons jeûner quatre fois par an, pendant trois jours chaque fois.

4° Le printemps se rapporte à l'enfance, l'été à l'adolescence, l'automne à l'âge viril, l'hiver à la vieillesse. Nous devons donc jeuner au printemps pour être innoncents comme des enfants; en été, pour être forts comme des adolescents, en automne, pour être mûrs par la justice, comme le veut l'âge viril; en hiver pour acquérir la sagesse et la probité des vieillards. Ou, plutôt encore, nous devons jeûner en hiver pour expier les fautes commises par nous pendant les saisons précédentes.

Jacques de Voragine - "La Légende dorée"

Né vers 1230, à Varaggio, près de Gênes, il entre dans l'ordre des dominicains en 1244. Grand prédicateur, auteur prolifique, défenseur des Génois, il est élu évêque de Gènes en 1292 et meurt en 1298.

Sans souci de critique historique, l'auteur a récolté les faits épars dans une foule d'écrits, de chroniques et de biographie dispersées. Aujourd'hui, la Légende dorée est une extraordinaire anthologie naïve, riche d'histoire et de culture finalement, car bien entendu ces légendes ont inspiré très souvent les artistes chrétiens, peintres et autres.



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Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /Déc /2008 15:00
Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
Les forêts s'y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
Il y a toi.
Dans la nuit il y a le pas du promeneur et celui de l'assassin et celui du sergent de ville et la lumière du réverbère et celle de la lanterne du chiffonnier.
Il y a toi.
Dans la nuit passent les trains et les bateaux et le mirage des pays où il fait jour. Les derniers souffles du crépuscule et les premiers frissons de l'aube.
Il y a toi.
Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Une horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
Il y a toi l'immolée, toi que j'attends.
Parfois d'étranges fissures naissent à l'instant du sommeil et disparaissent.
Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparraissent et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.
Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.
Et l'âme palpable de l'étendue.
Et les parfums du ciel et des étoiles et le chant du coq d'il y a 2000 ans et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.
Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
Il y a toi sans doute que je ne connais pas, que je connais au contraire.
Mais qui, présente dans mes rêves, t'obstines à s'y laisser deviner sans y paraître.
Toi qui restes insaisissable dans la réalité et dans le rêve.
Toi qui m'appartiens de par ma volonté de te posséder en illusion mais qui n'approches ton visage du mien que mes yeux clos aussi bien au rêve qu'à la réalité.
Toi qu'en dépit d'une rhétorique facile où le flot meurt sur les plages, où la corneille vole dans des usines en ruine, où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.
Toi qui es à la base de mes rêves et qui secoue mon esprit plein de métamorphoses et qui me laisse ton gant quand je baise ta main.
Dans la nuit, il y a les étoiles et le mouvement ténébreux de la mer, des fleuves, des forêts, des villes, des herbes, des poumons de millions et millions d'êtres.
Dans la nuit, il y a les merveilles du monde.
Dans la nuit, il n'y a pas d'anges gardiens, mais il y a le sommeil.
Dans la nuit, il y a toi.
Dans le jour aussi.

Robert DESNOS




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