Coups de tonnerre

Mardi 11 août 2009
Quand ça ne va pas fort, je pense à Nietzsche et à ... Zarathoustra. Un bouquin que j'ai parcouru en été 84, je crois, dans le train qui mène d'Irun à Rabat.

"Et une fois je voulus danser comme jamais encore n'avais danser; au dessus et au delà de tous les cieux voulus danser. Lors vous avez circonvenu le plus aimé de mes chanteurs.
Et désormais il entonna une sourde et lugubre mélodie; hélas ! comme une trompe funèbre elle sonnait à mes oreilles !
O meutrier chanteur, instrument de malice, ô toi le plus innoncent ! Déjà j'étais debout pour la meilleure danse : lors par tes sons tu fis mourir mon ravissement.
C'est dans la danse seulement que des plus hautes choses je sais dire l'image - et désormais non-dite est dans mes membres demeurée mon image la plus haute !"

Le Chant des tombes - Ainsi parlait Zarathoustra



Alors tout à l'heure, en passant la serpillière (oui, ça arrive aux meilleurs d'entre nous, hein ? ! ?), j'écoutais l'album Get ready de New Order, et je me suis mis à sautiller, puis à virevolter, et enfin à sauter dans tous les sens, et c'était une vraie danse de shaman, au point où je ne savais pas bien où j'étais vraiment.

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Aujourd'hui, c'est la fête des Claire. Bonne fête Maman, et Bonne fête, soeurette !
(Hier j'ai oublié Laurent... merdRe).




Par Fremen
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Mercredi 10 juin 2009

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis 50 ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au fond du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis "nous", entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé dans tous les sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifé la pluie, créé des clones, franchement, on peut dire qu'on s'est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stean, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement, on s'est marrés. Franchement, on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. Mais nous y sommes. A la troisième révolution. [...].

Fred Vargas est une femme de lettres française, née le 7 juin 1957 à Paris. Auteur de romans policiers à fort succès, elle a choisi avec "Vargas", le même pseudonyme que sa soeur jumelle Joëlle, peintre contemporaine connue sous le nom de Jo Vargas.

Ce pseudonyme fait référence à Maria Vargas, personnage jouée par l'actrice Ava Gardner dans le film La Comtesse aux pieds nus.





Par Fremen
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Mercredi 15 avril 2009

J'ai l'air comme ça... Mais il faut bien avouer...
Non, je ne suis pas Téléramandôlatre (ou téléramadôlatre, mais c'est moins gracieux). C'est pas parceque je lis régulièrement et que j'extrais de ces lectures des formules définitives sur la vie, le monde ici bas, que cet hebdomadaire apprécié n'est pas au dessus de tout soupçon.

On va pas tataouïner, tout de même, mais bon... La semaine dernière, "ils" ont descendu en flamme un chef d'oeuvre, un condensé de philosophie et de sagesse orientale, doublé d'un remarquable sens chorégraphique. Je veux parler de... "Enter the dragon" (Opération Dragon en version française), avec Bruce Lee en guest star, s'il vous plait.

Non pas que je sois un adepte de violence et de série Z, mais juste aficionado (Bruce Lee, s'il avait pu vivre aussi longtemps que Clint, j'suis sur qu'il aurait fini scénariste et réalisateur à succès, avec plein d'oscars).

D'ailleurs, c'est pas un hasard si la bande son a été confectionnée par Lalo Schifrin, le compositeur de BO de films et séries prestigieuses (Mannix, Mission Impossible, Bullit, Dirty Harry...)




Vous avez entendu ? Woouuhhhhhaaahh, le cri aigu qui déchire sa race....



Par Fremen
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Mercredi 8 avril 2009

"Je me souviens d'une conférence de l'anthropologue Mary DOUGLAS à Paris dans les années 1990, au cours de laquelle elle avait insisté sur notre besoin de nouveaux brahmanes. Comme elle, je suis convaincu que nous avons besoin d'une caste dirigeante à la de Gaulle, d'une élite anti bling-bling capable d'affirmer à l'inverse d'un Séguéla : je n'ai réussi ma vie que si j'arrive à ne pas fantasmer sur une Rolex ! On a besoin de ce qui ne se produit qu'exceptionnellement : rendre désirable la sobriété... bref, un changement culturel et profond. Sans cela, on ne passera pas de l'illimité au limité."

Dominique BOURG, philosophe et conseiller rapproché de Nicolas HULOT - Interview dans Télérama 3090 - 1er avril 2009.

 

Non, ce n'est pas l' effet rhétorique et le sens de la formule qui m'ont plu dans cette interview, il aurait fallu recopier tout l'article pour retenir toute la saveur et la finesse du menu que nous propose le sage. Mais voilà, je souhaite respecter les droits de publication de l'hebdomadaire télévisuel.

Et puis, il suffit. Se sastisfaire de sobriété.

Et picorer dans l'édito de Michel ABESCAT, dans le même numéro, cette subtile pensée :

"Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors, on saura que l'argent ne se mange pas..."


Je vous laisse deviner l'auteur de ces mots pertinents. Les paris sont ouverts.


... / ...

Et qu'on ne vienne pas me rebattre les oreilles que Télérama est un journal d'intellos qui s'écoutent parler pour bobos cultureux et ampoulés. Les temps sont comptés, et peut être qu'on s'apercevra enfin que l'argent ça nourrit pas.



Par Fremen
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Samedi 28 mars 2009

Vendredi 27 mars 09
Levé 5 h 30, 20 minutes pour sortir du lit. Douche les yeux encore fermés, une banane un peu trop mure pour se caler l'estomac. La piste dégagée sur les boulevards extérieurs. Ca y est, la caravelle a décollé. Enfilade de feux tricolores qui passent au vert à l'approche du vaisseau. Légère apesanteur dans l'habitacle. Des vibrations étranges dans l'atmosphère matinale. Lynchienne. Sourde inquiétude aux abords de la gare, non. Le vaisseau s'est engouffré dans la bouche du parking, affamée. Se range sagement dans la travée. Bien 10 minutes de délais pour rejoindre la rame de wagons, alignés, au fond, extérieur nuit, là-bas.


Après le départ, le convoi file. A la SNCF, pas fous. Ils nettoyent pas les vitres, histoire de dissimuler la grisaille, la morosité ambiante du paysage, au lever du soleil.


Pas voir les dégats, pas voir les stigmates de Klaus. Les arbres déchiquetés, souvent au milieu du tronc, comme des bougies, avec la trace claire, au point de rupture, la déchirure. Comme si on avait besoin de ça pour partir au boulot, plein d'entrain et de désinvolture.


A Morcenx, les alignements de wagons citerne, de l'autre côté de la voie rappellent le train électrique miniature de l'enfance. Sont stockés là, inamovibles dans le paysage. Rosebud. Un banc déserté n'en finit pas d'attendre la compagnie des gens. Peine perdue. Lynch est toujours là. Des vibrations font grésiller l'air, sous le ciel bas.


Etrange atmosphère, avec la luminosité restreinte. Et un panneau limite alarmant.


Encore, la vision du cataclysme imprimée sur la rétine. 2 mois plus tard. Je pense à Bernard qui me disait encore l'autre soir : 2 fois en 10 ans, les gens d'ici ont pris un sale coup au moral. Et tous les sentiments rentrés en dedans, z'arrivent pas à en parler.



A Dax, ciel toujours aussi bas. Correspondance réussie pour notre glorieuse SNCF : plus de train comme annoncé initialement. Le bus jusqu'à Pau : 1 h 30 de trajet en plus dans la vue, et prends ça dans la tête ! ! !

.../...

A Pau, tout va mieux. Forcément. Après le rendez vous du matin, le repas de midi, déambulation solaire dans le centre ville.

Juste le temps de prendre un Imperial d'Or, chinois fumé dans une théière victorienne, comme au temps où les britanniques sujets venaient prendre l'air aux Pyrénées, engoncé dans le transat, craquant de toute part.

Et avant de céder au vertige ambiant, revenir sur terre, sans répit, déjà le temps de la descente...

Vers la sage immobilité, le régulier ordonnancement de l'existence ici-bas. Ouuupppppsss, c'est ça.
Redevenir sérieux, le temps d'un entretien, foncier, espace, urbanisme. Cohérence.Territoriale. Suis SCOTché.

Ensuite, c'est le retour, par la voie ferrée, regard ferré, capté, captivé par le paysage landais. Désolé, par fragments. Les arbres ici aussi, ont le tournis. Contagion de l'esprit, frémissements palpables à travers la vitre. Difficile de se dériveter les yeux de cette vision dantesque. Encore une fois, penser à ceux là, qui se relèvent, déterminés, les manches retroussées.





"Le Pays des Landes de Gascogne a été le territoire le plus durement touché par la tempête Klaus du 24 janvier 2009. Sur certaines communes, plus de 60% de la superficie en pin maritime est maintenant à terre, soit une première estimation de 300 000 ha de forêt détruite."


"Les Landes, c'est un pays d'aventuriers. Nos ancêtres étaient bergers, nos parents sont devenus gémmeurs, et nous nous sommes convertis à l'industrie du bois...soixante ans plus tard, il faut tout recommencer. C'est douloureux, mais nous sommes vaccinés."

Par Fremen
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