Partager l'article ! Stripsearch: Ce matin, nous sommes partis ensemble, avec Malachi vers 7 h 30. Temps nuageux, fond de l'air un peu frisquet. Chair de poule s ...
Ce matin, nous sommes partis ensemble, avec Malachi vers 7 h 30. Temps nuageux, fond de l'air un peu frisquet. Chair de poule sur les avant bras à découvert. Au bout d'un quart d'heure, ça y est,
la température corporelle a tôt fait de monter.
L'indication sur le panneau laisse quelques frissons sur la nuque. Le chemin de la mature. Creusé dans la muraille hercynienne au 18ème siècle pour mobiliser les arbres "géants" des forêts
environnantes.
Le chemin prend un
tour sinueux en longeant la gorge d'enfer. A peine le temps de jeter un oeil à droite sur le fort du pourtalet, il faut poser précautionneusement les pieds sur les plaques granitées,
traversées de veines de fledspath.
Et puis, plus
loin, le minéral cailloutis laisse sa place au végétal taillis.
Le sentier caracole peinardement dans une hêtraie, j'en fais autant. Encore des traces de rosée matinale qui fait frisotter les
plumeaux des graminées montagnardes.
A la sortie du bois, le soleil surgit des nuages, insolent,
crevant le plafond bas. Ses éclats aveuglants laissent tout de même apercevoir la ligne de crête surplombée par le soum d'Aas.
Pause cascade, le temps de
capter des bribes de la flore environnante, un genre d'iris montagnard tapissant la faible pente m'accroche le regard...
Plus haut, progression oxygénée, la nature est bien là,
marquée du sceau officiel de la sauvegarde. Porte du Parc National des Pyrénées, ce sera pourtant la seule silhouette d'isard aperçue dans la journée.
Longue montée dans le talwegh, à peine troublée par quelques vaches ici, et quelques poneys pottoks là.
Bientôt le point culminant, je le sens. Derrière, un groupe de randonneurs me talonne. Alors, je force le pas. Connement. Ou alors, c'est que je voudrais toucher
les nuages avant eux. Ils me servent de lièvre, à l'envers. Un dernier regard, jeté dans la vallée au Nord, spacieuse, presque nonchalante, installée dans une éternité immobile.
Au col d'Ayous, après 6 h passées à gravir le fil du GR 10, et VLAN dans la gueule. Il est à portée de regard. Je prends sa silhouette de plein fouet dans
l'horizon tumultueux, accrochant les nuées sudistes. Pause. Rage de faim, dans la vibrante excitation hypoglycémique. Le vent soudain me burine l'estomac, dans ce paysage grandiose et
tourbillonant. Ca, j'en aurais pris des mandales d'émotion visuelles. Englouti 2 oeufs coque, le reste de fromage et 3 balistos en dessous du col.
Puis dévalaison gourmande, tous batons de marche sortis, vers le lac, plus bas. Le Gentau. Je n'irai pas plus loin, ni plus bas. Ma claque, j'ai les muscles et le corps criblé de
bastos/courbatures. J'irai même, au beau milieu de l'après midi, plonger dans l'eau fraîche, étale. Je me sentirai tout minuscule dans ce lac, entouré de murailles granitiques. A prendre un
malaise dans l'azur vertigineux.
Enfin, profiter encore du soleil, aux abords du refuge d'Ayous, café-clope, le petit bonheur qui me rend bête à manger du foin.
Au point de poser comme un touriste béat, avec mon pote Jean-Pierre*, ébloui par le cris de marmottes peu farouches, captivé par quelques pages de Bruce Chatwin, en Patagonie.
Plus tard, je retrouve le randonneur de la veille, qui portait lourd entre Lescun et Etsaut. M'a reconnu et vient spontanément causer. Ward est flamand,
il cherche sa route, oscillante entre le GR10, la HRP** et le hors piste frontalier. On décide ainsi de faire la route ensemble, demain.
Et pendant le repas, je sympathise avec deux familles hollandaises, originaires de Gouda (Mhuuummm, fromââââge). Je fais circuler le carnet Moleskine, les gamins écrivent leurs noms. Ce
soir, suis citoyen du monde, assurément. Laisserai même ma place à une espagnole agée, par trop claustro.
* surnom du Pic du Midi d'Ossau ** Haute Route Pyrénèenne
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Le temps, gommé sur quelques mois ...
Quant à la rando, toujours aussi agréable, on s'y croirait : on découvre les points de vues et les étapes, comme si on y était, et ça, c'est vraiment extra .
PS : "poneys pottoks" , je connais pas. C't'une contrepèterie ?
Toujours l'esprit à blaguer cet Archie !
j'aime bien l'histoire du lièvre à l'envers
du Gouda et du carnet Moleskine
indispensable lansquine
les souvenirs en marchant
Aussi vrai que c'est un immense plaisir de se remémorer ces instants de rando
Ca donnerait presque envie de se construire une hutte au bord du lac et de passer sa vie à regarder les nuages se faire chatouiller par les sommets.
Merci pour le soleil, ça commençait à manquer.
Ben, depuis que je les croise sur le GR 10, je les trouve forts paisibles.
En ce moment, il doit bien avoir un peu de fraicheur sur les hauteurs, en vallée d'Ossau. Au bord du lac, y a encore moyen de bivouaquer, mais faut descendre plus bas pour trouver du bois, pour la cabane (et pour le feu qui réchauffe les fraiches soirées).
Tres belle ballade !
Je connais l'endroit pour l'avoir fait une ou deux fois, c'est magnifique, mais pas eu la chance de voir un sanglier !
Bonne continuation
Oui, bien belle traversée, il me tarde de repartir sur le GR 10 dès l'été prochain.
Merci de ton passage Marsu !
Salut Xav,
Il y a bien longtemps que je n'étais pas venue visiter ton site.
Alors ou en ai tu de ton périple sur le GR10 ?
Nous sommes aussi à Arrens et nous repartons l'an prochain pour une 4eme étape.
Je te souhaite de bonnes fêtes et à bientôt sur la toile ou sur les sentiers pyrénéens.
Bise Sylvie
Hello Sylvie ! Ca fait plaisir de te retrouver par blog interposé. Je suis terriblement fautif et pris en flagrant délit de nonchalance caractérisée. Voici bientôt 2 saisons que je n'ai pas écrit dans la catégorie Rando pour relater mes tribulations pyrénéennes.
En fait, depuis l'été 2009, j'ai encore parcouru le GR 10 depuis Arrens jusqu'à Luz Saint Sauveur (Aout 2009) puis de Luz Saint Sauveur jusquà Fos (à côté de Melles, à la limite de l'Ariège). Donc, si tout se passe comme prévu, en 2011, traversée des pyrénées ariégeoises en 11 ou 12 jours...
Promis, je me remets sur l'ouvrage et le récit du GR 10 pour narrer les deux dernières saisons très prochainement.
A bientôt,
Bises de Noël et bien le bonjour à toute ta famille
Xav'