Il y a des mélodies comme ça, qui emplissent d'un sentiment d'accomplissement définitif.
Comme l'entrée dans l'atmosphère terrestre d'une météorite, qui se désagrège dans une trainée chaude, orangée, et délétère, comme si cette trajectoire embrasante donnait la certitude de toucher, ou juste d'effleurer ... une parcelle d'éternité. Quelques minutes d'impression mystique, animiste, fuligineuse. Chamanique.
Claire, a bien eu raison de m'offrir ce bouquin sur Raimbaud et Jim Morrison, c'est juste ce qu'il me faut en ce moment. Sinon, la vie serait tellement "borante". C'est marrant son espèce de clairvoyance à mon encontre, alors que je parle si peu, comme si elle décodait mes gestes dans une essentielle communication non verbale.
J'écoute ça, avec la certitude de donner un sens caché à l'existence, à la mienne et à celle des gens qui m'entourent. Que je croise, au gré des vents. A qui je pense sans cesse, sans leur donner signe de vie. Ô oui, je pense beaucoup en ce moment, je leur envoie des signes intangibles, dans ma tête, avec des parfums de thé, des mélodies mécaniques et cardiaques, des sensations de complicité poétique et naturelle, même lointaine.
Dimanche, c'était un couple de québécois fabuleux, dans une chambre d'hôpital : marrant comme l'aventure et le dépaysement se cachent parfois dans des endroits insolites. Ca m'a fait penser à Papinol, au début du film "Les invasions barbares" et à ... "La grande séduction".
Véro, bientôt, je mettrai des phots anodines d'un matin brumeux à Bordeaux, des "clichés" que j'ai fait, en pensant à eux. Une sorte de special dédicace, pour compléter le séjour inachevé qu'ils n'ont pu parachever ce week end. J'me comprends...
Mercredi 7 mai 2008
par Fremen
publié dans :
Coeur de tonnerre
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