Secret World

Journal de bord ? ... Capharnaüm, cabinet de curiosités, bric à brac, terra incognita, on verra bien à l'usage

 

 

 







L'on rejoint ici cette nécessité intérieure, cette insatisfaction profonde qui meut l'aventurier : plus seul que quiconque, il se résigne aussi plus mal que quiconque à sa solitude - il s'y résigne même si mal que c'est en partie pour l'éluder qu'il fuit. Plus exactement, il espère même se transformer radicalement par ce qu'on est bien obligé d'appeler la communion : Les hommes unis à la fois par l 'espoir et par l'action accèdent, comme les hommes unis par l'amour, à des domaines auxquels ils n'accèderaient pas seuls(*). C'est bien de l'essence même de l'homme qu'il s'agit puisque Malraux termine sa préface au Temps du Mépris en proclamant qu'il est difficile d'être un homme. Mais pas plus de le devenir en approfondissant sa communion qu'en cultivant sa différence - et la première (c'est à dire la libération de la solitude) nourrit avec autant de force au moins ce par quoi l'homme est homme, ce par quoi il se dépasse, crée, invente ou se conçoit. L'accession à ces domaines qu'il pressent à peine, l'exaltation de son être par la rencontre dans l'action avec autrui semble donc bien constituer une des vocations essentielles de l'aventurier.

* André Malraux : L'Espoir, II,1.

"En 1950, Roger Stéphane, publie aux Editions du Sagittaire de son ami Léon Pierre-Quint, Portrait de l'Aventurier, remarquable essai sur trois hommes d'action, T.E. Lawrence, André Malraux et Ernst Von Salomon, qui tentèrent de subordonner l'histoire à leurs propres destins, livre d'amitié sur ceux qui agissent, "sans espérance, sans illusion" guidés seulement par le désespoir ou la lucidité.
Extrait d'une préface de Daniel Rondeau.


Dimanche 25 mai 2008
par Fremen publié dans : Coeur de tonnerre commentaires (2)    ajouter un commentaire
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Eh bien voilà, je viens de suivre le documentaire/pamphlet de Michael Moore et ça fait du bien. Ouaips, rien à faire qu'il ait  ou pas mérité une palme d'or à Cannes. C'est juste pour se rafraichir la mémoire. Sur la belle imposture de Bush lors de sa première élection, sur les mensonges innombrables et assénés par son administration va-t-en-guerre et obnubilée par le profit et les bénéfices.

Même si comme l'estime Pierre MURAT, il y a une fausse candeur, de la mauvaise foi et de l'insolence, même si l'objectif initial (convaincre ses compatriotes de voter démocrate en 2004) est un vrai fiasco, c'est un moment vivifiant et salutaire. L'occasion de poser un regard sur le monde sans illusions (ici aussi, on a le président qu'on mérite), sans angélisme ni ingénuité.

Je vais me coucher.Merci Michael.

Jeudi 22 mai 2008
par Fremen publié dans : Coups de tonnerre commentaires (1)    ajouter un commentaire
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Voici Doudou. On ne le voit pas bien sur la photo, mais il a le tour de l'oeil totalement amôché. Doudou vient de prendre le rétroviseur d'un monospace roulant au moins à 90 km/h sur la route reliant Langon à Bazas, ce samedi, vers midi... Rien de moins.

Avec Mélina, nous roulions sous le soleil, vers une randonnée du côté de Grignols, quand nous avons assisté à la scène.

A 200 ou 300 mètres, un chevreuil est sur le terre plein central de la 2X2 voies. A peine le temps de s'en émouvoir, il s'aventure sur notre voie. On ne voit pas précisément le choc avec un monospace anonyme, mais sa silhouette fait un saut en hauteur et retombe lourdement sur le bitume. A peine le temps de s'arrêter sur le bas côté. Warning. Il est allongé, respire fortement, semble paralysé, ses pattes avant moulinent dans le vide. On le tire doucement vers la pelouse du bas côté. La nuque est toute raide, la tête rejetée en arrière. les pattes arrières semblent bloquées. On dirait une hémiplégie. Putain le stress. Mélina parle de l'achever, car il semble à l'agonie. Je m'imagine lui planter mon laguiole pour le saigner et abréger ses souffrances. Ou lui serrer la machoire et lui boucher les narines pour l'étouffer. Bordel de bordel de merde.
Mélina lui flatte l'encolure et lui parle pour l'apaiser. Il a l'air de se calmer. Ensuite, on le porte dans un champ à côté. Mélina lui fait un truc bizarre : d'une main, au dessus de son dos, elle décrit des huit (genre "l'infini" quoi) pour lui balancer de l'énergie. Je comprends rien. On le soulève. Le con, il tient sur ses pattes. C'est fort, jubilation intérieure. Il titube comme un nouveau né. Je file chercher le Cybershot pour enregister cet instant mémorable. VIn diouuuu, il marche. Mais, il s'enfuit pas. Ca tourne. Ca touuuuurrnne. Purée, j'ai un chevreuil groggy dans la boite. Doudou. Moteur !


Dimanche 18 mai 2008
par Fremen publié dans : Coeur de tonnerre commentaires (4)    ajouter un commentaire
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Quoi de commun entre une mélodie des Stranglers et la "pensée sauvage" ?  Quel appariement mystérieux peut on bien opérer entre un groupe de rock new wave des années 70 et l'ethnologie du XXème siècle, à la découverte des Bororo et autres Caduveo ?

C'est toujours, le penseur du siècle, Claude LEVI-STRAUSS, qui donne la clé du mystère : d'après tous ses exégètes et penseurs. C'est fou ce que la lecture du dernier magazine littéraire avec un dossier consacré à CLS, peut réveiller de souvenirs merveilleux ou confirmer d'infimes intuitions internes et filigranées.  Extraits.

"L'anthropologie, dès ses origines, est charitable, au sens fort du terme. Elle part du principe que, dans les sociétés sans écriture, les opérations mentales ne sont pas différentes des nôtres; il faut donc comprendre comment, à partir de facultés communes, les résultats sont si différents en apparence. Par exemple, certains ont voulu voir dans la magie une théorie de la nature incomplète; pour d'autres, en raison d'une surdomination de l'affectivité, les distinctions logiques s'effacent."

"Un ethnologue isolé pendant des années au fin fond de l'Amazonie gagne ce que Lévi-Strauss a appelé un "regard éloigné" : il se met à distinguer de manière fort lucide les aspects positifs et négatifs de sa culture d'origine."

"Culture et langue .../... sont deux modalités d'une activité plus fondamentale, l'activité de l'esprit humain dont une science à la fois très ancienne et très nouvelle, une anthropologie entendue au sens le plus large, c'est à dire une connaissance de l'homme associant diverses méthodes et diverses disciplines... nous révèlera un jour les secrets".

"De même, il a travailé sans relâche à décentrer l'homme : notre esprit est dans la nature, non à côté. .../... Nous ne sommes ni des témoins, ni des dieux, nous sommes simplement embarqués, objets et sujets d'une sorte d'immense histoire naturelle, celle du temps et de l'espace infinis."

" il a contribué à purger notre sens commun de catégories vieillies en montrant - entre autres - que les procédures de la raison sont aussi complexes dans la "pensée sauvage" que dans le laboratoire des savants, qu il n' y a pas un homme primitif et un homme civilisé, un homme naturel et un homme civilisé"

Au fait... Dreamtime, ça se dit
Tjukurpa en langue aborigène australien.

Dimanche 18 mai 2008
par Fremen publié dans : Coups de tonnerre commentaires (1)    ajouter un commentaire
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Samedi 17 mai 2008
par Fremen publié dans : Coeur de tonnerre commentaires (0)    ajouter un commentaire
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